L’architecture industrielle au XIXe siècle – La tour Eiffel, les gares, Haussmann

 

L’architecture industrielle au XIXe siècle

La tour Eiffel, les gares, Haussmann


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L’architecture métallique

Le métal commence à être utilisé dans l’architecture et le génie civil dès la fin du XVIIIème siècle et son essor se produit en même temps que celui de la Révolution industrielle, qui permet la production et la commercialisation du fer et de la fonte. Les formes et la pratique de l’architecture en seront profondément transformées.

En France, l’un des premiers exemples est celui de la Halle au blé dont la coupole fut détruite par un incendie en 1802 et dont la reconstruction fut confiée à l’architecte François-Joseph Bélanger et à l’ingénieur François Brunet. En 1811, une nouvelle coupole coiffe la Halle au blé, réalisée en fer et couverte de feuilles de cuivre, qui seront remplacées en 1838 par des vitres. L’emploi de tels matériaux en faisait un ouvrage d’avant-garde, bien que Victor Hugo y fût insensible et la qualifiât de « casquette de jockey ». Fermée en 1873, le bâtiment fut attribué à la Chambre de commerce en 1885 qui le transforma en Bourse de commerce par l’architecte Henri Blondel qui recouvrit l’ensemble du bâtiment en pierre.

Le premier pont métallique de Paris construit entre 1801 et 1804, du au premier consul Napoléon Bonaparte, est le Pont des Arts qui remporta davantage de succès.

D’abord employé en renfort des structures en pierre, l’architecture métallique est utilisée pour les halles, les gares, les passages couverts, les grands pavillons des Expositions Universelles et tous bâtiments de transit.

Sur ordre de Napoléon III, l’architecte Victor Baltard imagine au centre de Paris des halles pour faciliter le commerce : douze pavillons bâtis dans de nouveaux matériaux, le fer, la fonte et le verre, seront élevés de 1850 à 1870.

C’est pour l’ Exposition Universelle de 1851 à Londres que Joseph Paxton réalise une serre gigantesque de 3 800 tonnes de fonte et 700 tonnes de fer, le Crystal Palace. La clarté, les surfaces modulaire et industrielle font école. Des répliques fleurissent dans le monde, et la Galerie des Machines de l’ Exposition universelle de 1889 lui fait écho : œuvre de l’architecte Ferdinand Dutert et de l’ingénieur Victor Contamin, cette construction métallique obtient alors le record mondial de la portée de voûte (420m de long, 115m de large et 45m de haut). La Tour Eiffel est construite lors de cette même Exposition mais ce n’est qu’un relatif triomphe de l’esthétique du fer.

Il n’est pas encore admis dans les mœurs que le métal s’érige en façade, à l’exemple des Grand et Petit Palais dont la verrière et les structures métalliques sont cachées derrière une façade et des parements de pierre sans rôle structurel mais jugés plus nobles.

La fonte se moule très facilement et se plie aux exigences stylistiques les plus diverses. Pierre Vignon choisit ce matériau pour la couverture de l’église de la Madeleine à Paris, bâtiment strictement néoclassique (1807-1845). La finesse des colonnes en fonte et la grande plasticité de ce matériau offrent de nouvelles possibilités techniques ainsi qu’une esthétique propre et novatrice. Henri Labrouste emploie la fonte moulée, ornée de motifs stylisés, pour la haute et légère couverture de la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris (1842-1850). Il récidive entre 1859 et 1868 en construisant une salle de lecture pour la Bibliothèque nationale conçue suivant un plan d’inspiration basilicale divisé en trois nefs bénéficiant d’un éclairage zénithal.


Les grands travaux du baron Haussmann

Le baron Haussmann, nommé Préfet par Napoléon III, invente un Paris moderne fait de grands boulevards, de places en étoile, et de vastes espaces verts. Paris prend son visage d’aujourd’hui. Le prestigieux Opéra Garnier est érigé à cette époque et l’immeuble “haussmannien” s’impose comme modèle de référence.

En 1853, Napoléon III, nomme Préfet de la Seine, chargé de l’urbanisme, l’avocat George-Eugène Haussmann ; le baron Haussmann transforme Paris, l’agrandit en y joignant des communes, (Auteuil, Montmartre, La Chapelle), et en fait une des plus belles cités d’Europe. Chacun des vingt arrondissements de Paris est doté d’une Mairie. Par son œuvre, il s’attaque au vieux Paris, lieu de paupérisation et d’insalubrité, pour inventer un Paris moderne fait de grands boulevards et de vastes places. Il s’appuie sur le décret de 1852 qui lui donne des outils pour agir. Décidés et encadrés par l’Etat, les travaux sont mis en œuvre par des entrepreneurs privés et financés par l’emprunt. Jules Ferry, en 1867, dénonce le trou financier dans « Les comptes fantastiques du baron Haussmann ».

Des larges voies d’Est en Ouest, des boulevards, des avenues, des rues sont créées.
Le baron Haussmann transforme Paris à soixante pour cent. Il privilégie les lignes droites et ouvre de larges voies d’Est en Ouest, de la place de l’Etoile à la place du Trône et du Nord au Sud de la gare de l’Est à l’Observatoire.

Des boulevards sont percés : Sébastopol, de Strasbourg, Magenta, Arago, Voltaire, Diderot, Malesherbes, Saint-Germain, Saint Michel et le Cours de Vincennes,

Puis des avenues : puis ceux des avenues Kléber, Foch, Victor Hugo, Carnot, Niel, Friedland, Iéna, George V.

Et enfin, des rues : La rue de Rivoli est percée (partiellement ouverte lors du Premier Empire), rue monumentale le long du jardin des Tuileries. Les rues Soufflot, Réaumur, du Quatre-Septembre, de Rennes, Turbigo, des Ecoles.

Des places en étoile.
Douze avenues convergent sur la place de l’Etoile, devenue place Charles-de-Gaulle, en 1969. La plus célèbre est l’Avenue des Champs-Elysées.

La place de la République, Léon Blum, nom d’aujourd’hui, et la place de l’Alma sont aménagées.

Les gares sont reconstruites, des axes routiers créés pour les desservir.
De nombreux axes routiers desservent la nouvelle gare de Lyon de 1855, la gare du Nord de 1865 et la gare Saint-Lazare reconstruite en 1885.

L’Opéra Garnier, le théâtre du Châtelet et l’actuel théâtre de la ville sont construits.
Charles Garnier construit l’Opéra en 1875, dans le style Napoléon III, chef-d’œuvre de l’architecture éclectique du 19ème siècle, auquel on parvient par la spacieuse avenue de l’Opéra et Gabriel Davioud conçoit deux théâtres symétriques, place du Châtelet.

Des églises aussi.
Quatre églises s’ajoutent aux multiples églises : Saint-Eugène (Sainte-Cécile), la Sainte-Trinité, Saint-Amboise et Saint-Augustin.

Les réseaux d’égouts sont modernisés.
Les deux réseaux d’égouts, modernisés, existent toujours aujourd’hui. En 1850, Napoléon III a confié une concession de gaz à la compagnie parisienne du gaz mais a gardé la maîtrise des prix.

L’immeuble haussmannien s’impose comme modèle de référence.
L’architecture d’Haussmann intervient aussi sur la construction des immeubles privés. L’immeuble de rapport et l’hôtel particulier s’imposent comme modèles de référence.
L’aération de la ville se poursuit par les espaces verts du parc Monceau et des bois de Boulogne et de Vincennes.

Mais ces travaux grandioses ont un coût exorbitant et le baron Haussmann sera renvoyé en 1870.
Le coût des travaux pèse sur les contribuables. Deux prêts ont été nécessaires pour autant de réalisations : un prêt de deux cents cinquante millions de francs en 1865 et un second de deux cents soixante millions de francs en 1869.

Juste avant la chute de l’Empire, en 1870, le ministre Emile Ollivier obtient le renvoi du baron Haussmann. Le boulevard Haussmann, à Paris, nommé ainsi du vivant d’Haussmann, en 1864, relie le carrefour du boulevard des Italiens et du boulevard Montmartre à l’avenue Friedland (8ème et 9ème arrondissements). Sa construction avait nécessité, en particulier, la destruction de la maison natale du baron. Le boulevard n’est achevé qu’en 1926, après quatre-vingts ans de travaux.


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  • Ajoutée le 28 mai 2013
    La chaine officielle de l’émission de France 3. C’est pas sorcier, le magazine de la découverte et de la science. Capitale du luxe et de la mode, emblème du savoir vivre à la française, ou ville populaire du Moulin de la Galette et Menilmontant… Bien des représentations sont associées à Paris. Mais quelle est son histoire ? Quand est-elle née ? Comment s’est-elle développée ? Fred et Jamy répondent à toutes ces questions à travers deux émissions consacrées à l’histoire de cette ville mythique. Dans ce deuxième volet, ils s’intéressent à l’entrée de Paris dans la modernité, des innovations du baron Haussmann à la construction du périphérique.
     
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  • Ajoutée le 27 mars 2013
    Fred et Jamy nous font découvrir les rouages de la Tour Eiffel et nous révèlent tout sur cette grande dame de 107 ans.
    Ils nous expliquent la construction de chacune de ses parties – les fondations, les piliers, les arbalétriers, l’ossature de 103 000 tonnes avec ses ascenseurs, ses locaux… – et nous entraînent dans les machineries du pilier ouest, là où on trouve les fameux ascenseurs hydrauliques, construits en 1899, et qui étaient conduits par un chauffeur il y a peu de temps encore.
    La tour est un chantier permanent où travaillent des alpinistes, des peintres, des pompiers, des ingénieurs… Car il faut l’entretenir quotidiennement : changer les 18000 pièces de son ossature, la repeindre tous les 7 ans pour prévenir la rouille… Imaginez ! 17 couches de peinture la recouvrent depuis sa construction en 1889 !
    Mais la tour n’est pas qu’un lieu touristique ! Son sommet, coiffé d’un paratonnerre, joue aussi le rôle d’émetteur récepteur pour la radio et la télévision grâce à l’antenne du 4ème étage. Des images d’archives nous permettront de voir les étapes de sa construction : l’édification de la tour, les premiers croquis…
     
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  • Ajoutée le 1 avr. 2014
    Archive de l’émission “Des Racines et Des Ailes”.
    Ce reportage a été diffusé sur France 3 le 05/07/06.
     
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