L’architecture militaire – Les fortifications Vauban

 

L’architecture militaire

Les fortifications Vauban


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Biographie de Vauban

Sébastien Le Prestre Vauban est né en mai 1633 à Saint-Léger-de-Foucheret (Yonne), dans la petite noblesse bourguignonne. A 17 ans il entre comme cadet dans le régiment du Prince de Condé qui mène la Fronde contre le cardinal Mazarin et la régente Anne d’Autriche. En 1653, Vauban est prisonnier et passe au service de Louis XIV. Il y restera pendant 53 ans.

A l’âge de 22 ans, Vauban obtient son brevet d’ingénieur ordinaire du roi. Nourri de l’expérience du feu, il réfléchit aux procédés de l’attaque des places. Il conçoit et codifie une méthode de siège des places fortes décomposée en une suite logique de 12 phases, une réflexion publiée 30 ans après sa mort dans un Traité d’attaque des places. En bon ingénieur, Vauban améliore les fortifications en préconisant l’adaptation du tracé bastionné au terrain et l’échelonnement de la défense en profondeur.

Vauban est un preneur de villes ainsi qu’un fortificateur. Il sait bien qu’aucune place forte n’est imprenable : elle doit servir le moins possible, son rôle étant avant tout dissuasif. Après les sièges de Tournai, de Douai et de Lille, qui confirment la notoriété de l’ingénieur, Louis XIV lui confie le soin d’édifier la citadelle de Lille dite « la reine des citadelles ».

A partir de1668, Vauban est mis en concurrence avec le chevalier de Clerville. En réalité il s’agit d’une lutte d’influence entre deux ministres du roi : Louvois, protecteur de Vauban, à la Guerre et Colbert, protecteur de Clerville, à la Marine. Vauban doit alors se contenter des fortifications du département de Louvois, c’est-à-dire les fortifications terrestres. En 1673, avec la guerre de Hollande, l’ingénieur convainc Louis XIV de mettre en place son « pré carré » sur la frontière nord-est, en réduisant le nombre de ses places pour ne conserver que les plus fortes, créant ainsi une double ligne de villes fortifiées.

A partir de 1678, à la mort du chevalier de Clerville, Vauban devient Commissaire Général des Fortifications du royaume : il contrôle, contresigne et arrête tous les projets de fortifications. Au service du Roi-Soleil, il renforce la protection du territoire en se consacrant aux défenses côtières et terrestres, à commencer par celles des Flandres et d’Alsace. Il parcourt l’équivalent de 4000 kilomètres par an, soit pour conduire des sièges, soit pour préparer ou construire des fortifications. Le 14 janvier 1703, Louis XIV le fait maréchal de France, pour ses services rendus au royaume.

Vauban meurt le 30 mars 1707 à Paris, à l’âge de 74 ans. Son corps est enterré dans l’église paroissiale de Bazoches. En 1808, son cœur est transporté dans l’église des Invalides à Paris.

De 1653 à 1703, Vauban participe à 48 sièges, remanie 130 places fortes, construit une trentaine de places fortes ex nihilo et laisse une trentaine de plans, mis en œuvre après sa mort. Considérant chaque projet comme unique du fait de l’interdépendance avec son contexte, Vauban a toujours refusé d’écrire un traité de fortification, tant demandé par le roi.


Fortification bastionnée

Le grand talent de Vauban réside dans l’optimisation de la fortification bastionnée, système de défense introduit et développé par les ingénieurs italiens puis hollandais à partir du XVIe siècle. À l’opposé des défenses médiévales, composées de hautes et épaisses murailles, c’est un système qui « enfonce » les ouvrages défensifs dans le sol pour les rendre moins fragiles.

Vauban utilise l’existant. Ses fortifications complètent les défenses « par nature » des villes et des voies de communication stratégiques. Il considère que les Alpes, les Pyrénées et la côte Atlantique sont des obstacles naturels qui protègent le pays. Seule une partie du territoire est directement exposée : l’immense plaine des Flandres où les places fortes changent régulièrement de main, au gré des attaques. Pour protéger cette zone, il propose au roi de créer son « pré carré », constitué d’une double ligne de villes fortifiées qui protège la frontière nord-est contre les Pays-Bas espagnols.

Pour commander des villes, il construit des citadelles à cheval sur l’enceinte urbaine comme à Arras, Besançon, Saint-Martin-de-Ré. Là où il n’y a pas de ville, il en fait parfois construire de toutes pièces. Des neuf villes neuves conçues par lui, quatre sont parvenues quasiment intactes jusqu’à nous : Longwy, Mont-Louis, Mont-Dauphin et Neuf-Brisach.

Pour la défense des côtes, il développe plusieurs types de tours équipées de canons qui permettent de surveiller le large. Le fort Pâté, au centre de l’estuaire de la Gironde, en est le modèle le plus compact. La tour Dorée à Camaret-sur-Mer dispose d’une batterie basse permettant de défendre l’entrée de la rade de Brest. Celles de Tatihou et de la Hougue dans le Cotentin, conçues pour repousser les attaques anglaises, sont en revanche équipées de canons situés sur une terrasse, à 25 m du sol environ. La tour bastionnée, dont Besançon conserve les premiers exemplaires, montre que la tour avait également son utilité loin de la mer. En effet, c’est la réponse de Vauban à un terrain très exigu ne lui permettant pas d’aménager une enceinte bastionnée classique.

Pour des raisons stratégiques et économiques, Vauban intègre des places fortes existant souvent depuis le Moyen Âge dans les projets de fortification qu’il réalise et les adapte. C’est le cas de Villefranche-de-Conflent et de la citadelle de Blaye. Sa sensibilité aux conditions du terrain est également perceptible à travers les techniques utilisées notamment pour la construction des forts Pâté et Médoc situés sur un sol marécageux. Vauban cherche à rationaliser les fortifications qu’il conçoit. Mais parfois il est contraint à abandonner tout principe de standardisation en fonction de la géographie du lieu. Briançon, dans les Hautes-Alpes, en est probablement le meilleur exemple.

Dans toute la diversité de ses réalisations, Vauban réussit à imposer la standardisation d’un certain nombre d’édifices, notamment différents bâtiments militaires, tels que les portes, les corps de garde en avant des portes pour surveiller les entrées et sorties de la forteresse, les magasins à poudre et les casernes spécialement destinées au logement des troupes jusqu’à lors hébergées chez l’habitant. Cependant, il construit ses ouvrages selon les pratiques de chaque territoire, tant dans les formes que dans les matériaux et utilise en priorité ceux disponibles sur place.

Considérant chaque projet comme unique du fait de l’interdépendance avec son contexte, Vauban a toujours refusé d’écrire le traité de fortification que le roi lui demandait. Ses fortifications présentent une qualité esthétique sobre mais certaine. Elle se traduit parfois par la grandeur des ouvrages, parfois par leur finesse et, pour certains lieux, par une expression artistique provocatrice, visible notamment sur les frontons des portes tournées vers l’ennemi, frappés des armes du roi Soleil.


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  • Ajoutée le 27 mai 2013
    La chaine officielle de l’émission de France 3. C’est pas sorcier, le magazine de la découverte et de la science.
    Sébastien le Pestre de Vauban était commissaire aux fortifications au temps de Louis XIV. Partout autour des frontières françaises, il fit protéger les villes en y construisant des remparts aux formes curieuses. Fred et Jamy partent explorer les constructions de ce brillant ingénieur, qui fut à la fois un architecte talentueux et un fin stratège militaire. Fred est parti à la découverte de l’une des plus belles places fortifiées construites par Vauban : celle de Saint-Martin de Ré, sur l’île de Ré. Glacis, chemins couverts et passages secrets… il explore les remparts dans leurs moindres détails pour nous raconter comment on défendait ces citadelles sous Louis XIV. Nous le retrouvons tout près de l’île d’Oléron, au fort de Chapus. Là, il nous explique comment Vauban a assuré la défense du littoral charentais en construisant en pleine mer, dans des conditions particulièrement difficiles, des petits forts destinés à barrer le passage aux bateaux ennemis.
     
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