Conte – Peau d’âne – Charles Perrault

 

Conte

Peau d’âne – Charles Perrault


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Résumé du conte

Un jour, un roi riche et puissant perd sa femme bien-aimée. En quête d’une nouvelle épouse, il tombe amoureux de sa propre fille. Demandée en mariage, la princesse, conseillée par sa marraine la fée, exigera pour dot des cadeaux insensés. Elle lui demande ainsi trois robes tissées, l’une avec le temps, la seconde avec les rayons de la lune et la dernière avec la lumière solaire. Enfin, elle lui réclame la peau de l’âne magique, celui qui, avec ses excrétions d’or, a rendu riche et prospère tout le royaume. Mais le roi lui offrira tous ces objets, et pour échapper à ce mariage, la princesse dû s’enfuir du palais, revêtue de la fameuse peau d’âne. Elle vivra pauvrement, loin du royaume, avant de rencontrer un jeune prince.


Les symboles

Le tabou des tabous, l’inceste

Toute la violence de ce conte réside dans le fait qu’il relate l’histoire d’un père qui abuse de son autorité pour demander sa fille en mariage. Mais l’héroïne montre l’exemple à tous les enfants : elle parvient à se soustraire au pressant désir paternel en renonçant à une vie facile. Elle en sera finalement récompensée avec l’arrivée du prince.

La marraine

La fée, à la mort de la reine, remplit sa fonction de marraine en prenant le relais de l’éducation de la jeune fille. Elle apparaît comme une sorte de mentor, de figure maternelle protectrice qui assiste l’enfant. C’est un personnage auxiliaire, elle soutient la princesse pour se sortit de l’impasse dans laquelle elle se trouve.

C’est donc un personnage qui fait souvent figure de bonne conscience et elle apporte, avec sagesse, des conseils à sa filleul et lui fait profiter de sa sagesse et de sa maturité.

Elle fait office de Surmoi qui dicte à l’enfant les interdits, ici celui de l’inceste, auquel elle ne doit pas succomber.

Nous avons déjà décrit ce personnage dans La belle au bois dormant et Cendrillon.

La peau d’âne

Symboliquement, dans les contes, revêtir la peau d’un animal permet au héros de ne pas perdre son âme… Mais cette peau sale et puante symbolise le sentiment de la jeune- fille d’être souillée par cet amour incestueux.

La forêt

Le séjour dans la forêt est une sorte de parcours initiatique dans son apprentissage de la vie de femme (tout comme c’était déjà le cas pour Blanche-Neige) : la transmission d’un authentique savoir féminin. La jeune femme, une fois repartie (car elle repartira au bras du prince), saura exactement comment se conduire seule.

L’initiation lui permet à la fois une intégration sociale harmonieuse et une réalisation personnelle. Ici il y a un parallèle entre le mariage et la liberté. Il semble que son séjour dans la forêt rende la femme plus docile ou du moins, la réconcilie avec son « état » de femme.

Ainsi, la princesse retrouve la société (la cour) qu’elle a fui et en même temps que son statut beaucoup plus valorisant. La forêt joue ici un rôle de mère et assume également un rôle éducateur et pédagogique auprès de la jeune fille perdue.

Le prince

Au delà de son titre qui le décrit comme étant le fils d’un roi, ce personnage représente l’homme jeune, fort, brave, bien éduqué et toutes les autres qualités qui découlent d’un rang élevé et donc d’une parfaite éducation (voir même hérité de son patrimoine génétique royal). Il intervient, comme très souvent, à la fin du conte pour sortir la princesse de sa triste condition et l’épouser, lui offrant la vie de château à laquelle elle avait dû renoncer pour échapper aux avances de son père. Par conséquent, il représente davantage à une récompense qu’un personnage à part entière. Il récompense le sacrifice de la princesse qui a préférer vivre dans la pauvreté et le labeur plutôt que répondre favorablement à l’amour incestueux de son père mais qui lui offrait une vie de rêve qu’elle ne pouvait décemment accepter.

Il représente le sauveur et le mari qui va subvenir aux besoins de son épouse, et même plus puisqu’il va lui donner (de nouveau) accès à la vie de princesse.

C’est un personnage emblématique des contes, nous l’avons déjà croisé dans les pages de Cendrillon, Blanche-Neige et La Belle au bois dormant.

La bague

Peau d’âne, en envoyant sa bague au prince lui signifie qu’elle lui offre son sexe à remplir. Le cas était similaire dans Cendrillon avec sa pantoufle de verre. Par l’amour mutuel, ils échappent à la fixation œdipienne. Autrement dit, l’anneau symbolise une promesse d’union qui pourra se concrétiser par la consommation de leur amour.


Conclusion

Ce conte de fées fut longtemps passé sous silence, et parfois même censuré. En effet, le roi, prétextant la promesse qu’il a faite à sa femme défunte, choisit d’épouser la princesse sans l’ombre d’un sentiment de culpabilité devant ce que toutes les civilisations humaines considèrent comme le tabou des tabous : l’inceste.

La salissure ressentie par l’enfant est ici matérialisée par la peau d’âne, vêtement répugnant qu’elle choisit de porter et qui lui vaut son surnom mais symboliquement, dans les contes, revêtir la peau d’un animal permet au héros de ne pas perdre son âme.

La particularité du royaume venait d’un âne magique qui déféquait des pièces d’or et faisait donc la richesse du roi. C’est pour cette raison que la princesse va demander à son père, pour sa dot, la peau de cet âne providentiel, en pensant qu’il ne pourrait réaliser ce sacrifice et donc renoncerai à l’épouser. Mais le monarque lui offrira ce qu’elle demande, la contraignant ainsi à devoir l’épouser.

Il sera long et tortueux le chemin qui mènera le prince jusqu’à la princesse et sa délivrance. Comme dans Cendrillon, l’identité de la princesse sera révélée par une séance d’essayage : celle d’une bague, convenant au doigt le plus fin, signe de jeunesse, de beauté et de pureté.


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  • Ajoutée le 30 juin 2015
    Peau d’Ane – Charles Perrault (1628-1703)
    Lecture : Ritou – Illustration : AB d’après le film de Jacques Demy
    Source audio : www.litteratureaudio.com
     
    Licence YouTube standard © Mon Livre Audio

  • Ajoutée le 16 juil. 2014
    Le dessin animé Peau d’ane est tirée du conte du même nom “Peau d’ane” écrit par Perrault en 1694.
    Ce conte narre l’histoire de Peau d’ane, une jeune et jolie princesse dont la vie rimait avec bonheur et tendresse. Mais le jour où le destin lui enleva sa mère, la princesse s’enfuit, cachée sous une peau d’ane, aidée par sa marraine, la fée des Lilas.
    Que de péripéties, d’aventures et de rencontres elle allait alors faire en chemin, avant de rencontrer l’amour et la joie : le prince charmant.
     
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