Le mobilier des temps modernes – Chambre du roi, André Charles Boulle, coffres …

 

Le mobilier des temps modernes

Chambre du roi, André Charles Boulle, coffres …


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Histoire de l’ameublement

Le mot meuble s’est appliqué d’abord à tout ce qui est mobile, facile à déplacer, et qui a désigné ensuite tout objet garnissant un appartement ou servant à divers usages de la vie, comme les lits, tables, commodes, armoires, chaises, fauteuils, canapés, etc. Le terme d’ameublement désigne, quant à lui, l’ensemble des meubles destinés à garnir les d’habitations et auxquels s’ajoutent d’autres objets d’ornement tels que les tapisseries, les céramiques, les objets d’orfèvrerie, etc. (L’histoire des Arts décoratifs). L’ameublement reproduit toujours le caractère de l’architecture qu’il vient compléter.

On a fabriqué des meubles dès le Néolithique, parfois en pierre (lits, banquettes, étagères, etc.) comme en témoigne l’archéologie, mais déjà, peut-on supposer, en bois. En tout cas, cette matière, facile à travailler et généralement disponible en abondance, sera, tout au long de l’histoire, de l’Antiquité classique à nos jours, la plus utilisée pour la fabrication des meubles. Cette fabrication forme une partie importante de l’ébénisterie.


Mobilier à la Renaissance

L’ameublement du XVIe siècle rentre déjà dans la tradition moderne : les meubles joignent le confort à la beauté, les formes se multiplient. De nouvelles techniques de menuiserie, telles que l’assemblage à queue d’aronde et l’assemblage d’onglet, voient le jour. C’est l’Italie, où prend naissance le goût de l’art antique qui définit cette période dite de la Renaissance, qui donne le ton à toute l’Europe, à partir des années 1530. Les meubles commencent à ressembler à de petits monuments avec des façades dotées de médaillons, de frises, de frontons, de colonnes à chapiteaux, et diversement ornées (de scènes mythologiques sculptées, en particulier). Des variantes apparaîtront, au fil du temps et des pays : des écoles se forment, comme celles de Flandre, d’Ile-de-France (J. du Cerceau), de Bourgogne (Hugues Sambin), etc.

Les tapisseries n’ont jamais été plus belles, et l’art du tapissier se combine avec celui du brodeur pour rehausser les tentures des fenêtres, des portes, des murailles. Mais celles-ci sont aussi très fréquemment habillées de cuir gaufré suivant la mode espagnole, ou bien elles disparaissent sous des lambris de bois sculpté. Comme l’art de la verrerie fait de grands progrès, les fenêtres deviennent de plus en plus grandes, et les vitraux enchâssés de plomb, deviennent moins une nécessité qu’un ornement; on commence à garnir les baies de rideaux artistement ajustés.


Mobilier au XVIIe siècle

L’époque de Louis XIII représente une sorte de réaction contre les formes riches et moelleuses de la Renaissance l’ameublement prend un caractère de sévérité qui ne l’empêche pas cependant de gagner beaucoup, surtout vers la fin, en confortable. Les sièges, notamment, sont spacieux et commodes; c’est le véritable début du moderne fauteuil. C’est aussi l’époque de ces belles tapisseries d’ameublement, de ces verdures flamandes dont les tableaux des vieux maîtres nous montrent l’emploi.

Au temps de Louis XIV, on imagina fort peu de chose pour la commodité et l’agrément des habitations : Mme de Maintenon souffrait du froid dans sa vaste chambre à Versailles, faute de paravents qui, au dire du roi, eussent dérangé la symétrie. Une forme de sobriété dans l’ameublement continua d’exister comme un écho aux tendances jansénistes de la société. Mais l’ameublement du règne de Louis XIV penche aussi et surtout vers l’exubérance du baroque : le style Louis XIV brille ainsi plutôt par le faste que par le bon goût. Car c’est à cette époque que disparaissent les principes de décoration qui prévalaient jusque là : on commence à dorer lourdement les meubles de bois, à en contourner les profils et les appuis, on dénature les lignes; le parti architectural cesse de présider à la construction des meubles.


Mobilier au XVIIIe siècle

Il en est de même pour le règne de Louis XV, avec le passage du baroque au rococo. C’est la profusion de feuillages et de motifs floraux qui caractérisera ce style Louis XV, représenté par Charles Cressent, Mathieu Criaerdt, Jacques Dubois, etc. Et c’est pour réagir contre cet abandon de la ligne, que le style Louis XVI ou néo-classique se produisit avec ses pauvretés froides et mièvres, et ses timides essais de retour vers l’antique. Les tapisseries, à cette époque, passèrent de mode; on y substitua les tentures en damas, lampas et autres étoffes de Lyon : ou bien on boisa les appartements, et les boiseries, peintes en blanc, vernies, rehaussées de quelques sculptures dorées et de glaces, permirent toute espèce d’ameublement.

Dès la fin du règne de Louis XVI, des meubles, comme l’armoire à bijoux de Marie-Antoinette (château de Versailles) par Thomire (1751-1843), offrent déjà les prémices de ce style qui plus tard deviendra le style Empire. Cette évolution dans la conception du mobilier se marque, on ne peut plus nettement, chez le plus grand ébéniste de l’époque révolutionnaire et impériale, Georges Jacob (1739-1814), ami de David, à qui il procura la mise en scène de ses tableaux ; il fut successivement le fournisseur des Bourbons, de la Convention et de Napoléon 1er.


André-Charles Boulle – Ebéniste du Roi (1642-1732)

Désigné au Roi par Colbert comme « le plus habile dans son métier », Boulle est l’auteur d’un grand nombre de meubles en bronze et marqueterie qui en font le premier grand ébéniste du mobilier français des XVIIe-XVIIIe siècles. La créativité et la richesse de ses meubles contribuèrent à la réputation de Versailles en la matière.

Auteur dès 1672 de toutes sortes de meubles pour Louis XIV, sa famille et la Cour, le nom de Boulle est inséparable de la marqueterie de cuivre et d’écaille qui a fait son succès : la fameuse « marqueterie Boulle ». Bien qu’il n’en soit pas l’inventeur, il crée un procédé nouveau consistant à découper un même motif sur ces deux matériaux. Il obtient alors deux panneaux : la « partie » et la « contrepartie ». Le premier est en cuivre sur fond d’écaille, le second en écaille sur fond de cuivre. En 1684-1692, le Grand Dauphin commande en marqueterie Boulle les lambris et parquet de son cabinet à Versailles, disparus au XVIIIe.

Une autre innovation majeure de Boulle est d’appliquer des bronzes sur ses meubles pour en protéger les parties les plus sensibles. Mascarons, griffes, frises, feuillages … envahissent consoles, bureaux et cabinets. Les bronzes se retrouvent aussi sur les pendules, cartels, candélabres, encriers …

L’ébéniste ne se contente pas d’innovations techniques ou esthétiques, il crée aussi de nouveaux meubles. Pour la chambre de Louis XIV à Trianon, il révolutionne en 1708 une forme de meuble : la commode. Aujourd’hui présentées à Versailles, les deux commodes du Roi résument à merveille l’art de Boulle : originalité du meuble dans son principe et sa forme, marqueterie de cuivre et d’écaille, abondance des bronzes. Elles sont de surcroît les rares meubles identifiés de son immense production. Boulle est aussi l’auteur pour le Roi de grands bureaux plats sur pieds, de tables de salon, de coffres à bijoux, d’horloges monumentales à balancier …

La beauté et la perfection de ses meubles lui valent une immense célébrité en France et en Europe : Philippe V d’Espagne, Maximilien-Emmanuel de Bavière font partie de sa prestigieuse clientèle. Paradoxalement, Boulle eut souvent des ennuis financiers : le roi dut intervenir à plusieurs reprises pour le protéger de ses créanciers. Passés de mode à sa mort en 1732, ses meubles furent reproduits avec succès au milieu du XVIIIe et surtout sous le Second Empire.


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  • Ajoutée le 17 mars 2015
    Si Versailles nous était conté … à travers son mobilier ! Ce documentaire aux techniques novatrices fait revivre des pièces uniques qui racontent d étonnantes histoires.
    Voilà une affaire de rois, de reines et d illustres artisans, avec bien des secrets. Et un pari relevé : la reconstitution de certaines oeuvres disparues grâce à la magie des images de synthèse. Ce nouveau documentaire de Fabrice Hourlier (Napoléon, la campagne de Russie) traverse les règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI pour nous entraîner à la découverte de six chefs-d oeuvre des XVIIe et XVIIIe siècles. Il nous dévoile notamment le faste du mobilier d argent du Roi-Soleil et son extraordinaire commode en écailles de tortue et entrelacs de laiton, une horloge astronomique, véritable miracle de sciences, ainsi que le meuble alors le plus emblématique de l artisanat français, conçu pour Louis XV : “le bureau du roi”. Sans oublier le mobilier aux épis et le grand serre-bijoux de la reine Marie-Antoinette, d une délicatesse inégalée.

    Créateurs de l’ombre
    Toutes ces pièces exceptionnelles d orfèvrerie, d ébénisterie, de menuiserie ou d horlogerie sont emblématiques de l esprit et de la beauté du style versaillais. Mais si l on connaît bien le château à travers l histoire des souverains qui y ont séjourné, qui se souvient de Claude Ballin, d André-Charles Boulle, de Claude-Siméon Passemant, de Jean-François Oeben, de Jean-Henri Riesener, de Georges Jacob, ou encore de Jean-Ferdinand Schwerdfeger ? Hommage à ces créateurs talentueux qui exécutaient dans l ombre les oeuvres royales, le film est un voyage au temps de la monarchie, qui dévoile les techniques et le talent d artistes du passé et témoigne d une manière unique des goûts personnels de leurs illustres commanditaires.
     

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