Les artistes du XVIIIe siècle – Style rococo, Watteau, Chardin

 

Les artistes du XVIIIe siècle

Style rococo, Watteau, Chardin


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Peintres du XVIIIe siècle

Le siècle des Lumières est d’abord celui des philosophes. Mais il est également très riche dans le domaine de la peinture, sans faire naître cependant des personnalités de la dimension de Michel-Ange, Vinci, Rembrandt, Rubens ou Vermeer. Rien n’interdit évidemment d’avoir un penchant pour Watteau ou Boucher que l’on ne ressentirait pas pour Rembrandt.

Le siècle des idées et de l’émotion

Le 17e siècle avait consolidé les acquis de l’art de la Renaissance pour les mettre au service des pouvoirs. Le classicisme français est l’art de la monarchie absolue de Louis XIV (1638-1715), la peinture du siècle d’or hollandais représente le goût de la riche bourgeoisie d’affaires des Pays-Bas, l’art baroque naissant s’appuie sur la volonté de l’Église catholique d’endiguer la montée du protestantisme.

La caractéristique dominante du 18e siècle est la naissance de la liberté individuelle. Le pouvoir, glorifié au siècle précédent, est désormais contesté par les philosophes. Montesquieu énonce le principe de la séparation des pouvoirs destiné à contrecarrer l’absolutisme. Voltaire est l’ami des monarques éclairés et combat toutes les injustices. Rousseau remet en cause le fondement même du pouvoir politique dans Du contrat social (1762). Ce n’est pas Dieu qui accorde le pouvoir à un roi mais la Volonté générale, c’est-à-dire la volonté collective de l’ensemble de la population. En Allemagne, le philosophe Emmanuel Kant apporte une contribution essentielle à la réflexion philosophique. Il définit ce que le 18e siècle appelle les Lumières : « Les Lumières se définissent comme la sortie de l’homme hors de l’état de minorité où il se maintient par sa propre faute. » L’homme, désormais adulte, doit donc agir avec discernement, s’appuyer sur la réflexion et ne plus se laisser abuser par les pouvoirs et les préjugés.

Ce bouillonnement philosophique s’accompagne de la valorisation de l’émotion individuelle. Rousseau, avec Les Confessions (1782), crée l’archétype du récit autobiographique dans lequel l’évocation des sentiments et de la vie amoureuse tient une place essentielle. Nous avons des sentiments avant d’avoir des idées. Pourquoi faudrait-il les taire ? Le 18e siècle découvre ainsi l’importance de l’émotivité et de la psychologie chez l’être humain, sans employer bien entendu cette terminologie, mais en ayant une claire conscience d’avoir franchi un pas important.

L’émancipation de la peinture

Depuis le Moyen Âge, la peinture se voit assigner par l’Église et le pouvoir politique la tâche de glorifier les croyances religieuses et les exploits militaires ou politiques des souverains. Le 18e siècle marque à cet égard une émancipation. La peinture mythologique ou religieuse et la peinture d’histoire restent encore le sommet de la hiérarchie académique, mais le portrait, les scènes de genre, les natures mortes prennent de l’importance. Certains des plus grands peintres du siècle sont des portraitistes (Maurice Quentin de La Tour, Elisabeth Vigée-Lebrun, Thomas Gainsborough) ou des spécialistes de la scène de genre et de la nature morte (Chardin, Greuze). Le siècle commence d’ailleurs par la reconnaissance, en 1717, par l’Académie de peinture et de sculpture, d’un genre nouveau : la fête galante. Il s’agissait de recevoir comme académicien Antoine Watteau qui venait de peindre un chef-d’œuvre, Le pèlerinage à l’île de Cythère, impossible à classer dans les genres académiques existants. Nul doute que sous le règne de Louis XIV, pareille transgression n’aurait pu être admise. La fête galante est justement la représentation de jeux amoureux dans les parcs ou jardins des demeures aristocratiques de l’époque. Le siècle commence sur le registre de la légèreté mais il finira, avec le néo-classicisme, sur celui de l’austérité.

Le 18e siècle occidental comporte quatre grands courants picturaux : le rococo, le Grand Tour, le néo-classicisme et le romantisme. Mais ce dernier courant, qui prend naissance à la fin du 18e siècle, s’épanouit au 19e.

Des progrès sont réalisés dans le domaine des couleurs et le commerce des pigments s’internationalise : voir La femme des Lumières

L’Académie royale de peinture et de sculpture

Fondée en 1648 sous la régence d’Anne d’Autriche, l’Académie n’eut un rôle important qu’à partir de 1663 lorsque Colbert décida d’imposer le dirigisme dans le domaine de l’art. Charles Le Brun (1619-1690), premier peintre de la cour de Louis XIV, en fut nommé directeur. Le rôle de l’Académie était double : la régulation de la production artistique par la définition de règles de l’Art et du bon goût, l’enseignement de la peinture et de la sculpture. Le Brun établit un ensemble de règles d’une grande sévérité qui constituèrent jusqu’à la fin du 19e siècle un référentiel officiel d’évaluation. Une grande partie de la doctrine de Le Brun est empruntée aux conceptions de Nicolas Poussin (1594-1665) avec une dérive vers un pseudo-rationalisme particulièrement étouffant. Il existait une méthode de classification chiffrée des artistes du passé qui plaçait les Anciens d’abord, puis Raphaël et son école, puis Poussin. Les Vénitiens, les Flamands et les Hollandais venaient après car ils accordaient trop d’importance à la couleur et insuffisamment au dessin. Les genres furent également soigneusement hiérarchisés : au sommet, la peinture historique comprenant également les sujets religieux ou mythologiques, ensuite le portrait et le paysage, enfin la nature morte et la scène de genre (scènes de la vie quotidienne ou représentation d’une anecdote). La rigueur de la doctrine officielle était en fait un carcan incompatible avec la créativité artistique. Dès que l’autorité de Le Brun commença à décliner, des factions antagonistes se constituèrent à propos de la supériorité du dessin sur la couleur. Pour Poussin, le dessin, production de l’esprit, est supérieur à la couleur, inspirée par les sens. Les « rubénistes » (de Rubens), défenseurs de la couleur, s’opposaient ainsi aux « poussinistes », défenseurs du dessin et des règles académiques. A la fin du règne de Louis XIV (1715), les rubénistes avaient gagné la partie et l’influence de Rubens et des Vénitiens devenait prédominante.

Les inclassables

Certaines personnalités sont rebelles à toute typologie. Pour le 18e siècle, Jean Siméon Chardin et Jean-Baptiste Greuze appartiennent à cette catégorie d’artistes construisant une œuvre fortement originale en se tenant à l’écart des courants dominants de l’époque : le rococo et le néo-classicisme. A la fin de leur vie, ils furent tous deux oubliés, mais leur œuvre a traversé le temps.


Galerie vidéos YouTube

  • Ajoutée le 16 mars 2012
    Video d’accompagnement de la conférence Watteau de Catherine Renée Lebouleux : Watteau – Quand le 19e siècle redécouvre le 18e siècle, le cabinet de curiosités des frères Goncourt.
     
    Licence YouTube standard © Catherine Renée Lebouleux

  • Ajoutée le 26 sept. 2012
    Jean-Baptiste Chardin est né à Paris en 1699 il est le maitre incontesté des natures mortes,qui flatte nos sens, des fruits pour le goût, des instruments de musique pour l’oreille, des peintures pour la vue, des tissus pour le toucher. Il est célèbre également pour les scènes de la vie familiale. Chardin a peint son autoportrait et le portrait de son épouse.
     
    Licence YouTube standard © Chaîne de ChalonCineNumerique


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