La sculpture, la photographie – Niepce, Atget, Rodin, Claudel, Degas

 

La sculpture, la photographie

Niepce, Atget, Rodin, Claudel, Degas


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La sculpture française au XIXe siècle

Que connaissent les français de la sculpture française au XIXe siècle ?
Si l’on faisait une enquête dans la rue en demandant aux personnes de citer des noms de sculpteurs de cette période, on peut être certain que Auguste Rodin serait pratiquement le seul nom indiqué, avec peut-être Camille Claudel. Le maigre rayon “Sculpture” dans les librairies est à cette image, avec plus de la moitié des ouvrages consacrés à ces deux artistes. Et pourtant, quel siècle fut plus riche de sculpteurs talentueux et de courants aussi divers, témoignant d’une création infinie ? Carpeaux, Injalbert, Barye, Boucher, Desbois, Larche, Rude, Dalou, Falguière, Cordier, pour ne citer que ceux-là, car la liste est longue, en sont de magnifiques exemples.

Après avoir été l’apanage de l’Eglise et des princes, la sculpture du XIXe siècle se démocratise. Son essor est facilité par de très nombreuses commandes publiques où rivalisent l’Empire et la République. En toile de fond, il y a la transformation urbaine, la sécularisation de la société et le développement d’une bourgeoisie fortunée avec son goût pour la statuaire des monuments funéraires et pour les petites pièces en bronze. La sculpture du XIXe siècle est remarquable par sa richesse et la diversité de ses sujets, de ses techniques, l’ampleur des réalisations.

Que peut-on dire des principaux courants artistiques qui bouleversent le XIXe siècle en en faisant le Siècle de la sculpture par excellence ? Pour être souvent contradictoires, ces courants se chevauchent, parfois se mêlent.

Ainsi on peut citer :

Le néoclassicisme
Apparu à la Renaissance, le néoclassicisme, qui signifie “inspiré de l’Antique”, s’est développé à la fin du XVIIIe siècle dans un contexte de découvertes archéologiques. Influencé par l’Italien Antonio Canova (1757-1822) et le Danois Bertel Thorvaldsen (1770-1844), le néoclassicisme en sculpture est la recherche de la beauté idéale avec ses nudités héroïques et ses drapés à l’antique. Il est aussi caractéristique de la période napoléonienne, la famille impériale ayant remis à l’honneur cet art qui a atteint son apogée avec l’école de peinture de Jacques-Louis David (1748-1825).
Principaux représentants du néoclassicisme : Jean-Antoine Houdon (1741-1828), François Joseph Bosio (1768-1845), Jean Pierre David d’Angers (1788-1856), James Pradier (1792-1852), Albert Carrier-Belleuse (1824-1887), Emmanuel Frémiet (1824-1910)…

Le romantisme
Contrairement au néoclassicisme, le romantisme cherche à exprimer les profondeurs du monde intérieur de l’être humain, ses sentiments, ses tourments, ses révoltes. L’expression est privilégiée par rapport à la pureté et à l’exactitude des formes. Ce mouvement de liberté et de rejet du classicisme a relativement peu d’écho chez les sculpteurs, hormis quelques exceptions comme François Rude (1784-1855) qui exprime un lyrisme épique dans “La Marseillaise” (Arc de Triomphe de Paris) ou dans certaines oeuvres d’Antoine-Louis Barye (1796-1875).

L’éclectisme
Sous le second empire, voulant dépasser le néoclassicisme et romantisme, des artistes tels que Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) cherchent leur inspiration dans tous les styles du passé sans privilégier l’Antiquité : Moyen Age, Renaissance, Baroque, Orient… Ils n’hésitent pas à associer dans la même sculpture plusieurs de ces références.
Autres représentants : Jean-Antoine Injalbert (1845-1933), Charles Cordier (1827-1905), le groupe des Toulousains (Falguière, Mercié, Marqueste, etc.)…

Le réalisme et le naturalisme
Gustave Courbet, l’un des chefs de file du mouvement réaliste en peinture avec Jean-François Millet et Honoré Daumier, définit ainsi ce qu’est une œuvre réaliste: “Etre à même de traduire les moeurs, les idées, l’aspect de mon époque, selon mon appréciation, être non seulement un peintre mais encore un homme, en un mot, faire de l’art vivant, tel est mon but”.
Quand il est perçu comme étant moins subversif, le réalisme devient le naturalisme. Les sculpteurs naturalistes mettent en scène des personnages réels, des ouvriers, des paysans et glorifient les valeurs républicaines par des allégories où les êtres humains ne sont pas idéalisés.
Quelques représentants du naturalisme en sculpture : Aimé-Jules Dalou (1838-1902), Constantin Meunier (1831-1905).

L’art nouveau
A partir de 1895 naît l’art nouveau dont un représentant majeur est Raoul Larche (1860-1912). Favorisant l’esthétique, il est destiné à être diffusé largement pour la “masse”. C’est pour cela que l’on trouve de très nombreuses reproductions éditées dans divers matériaux.

Auguste Rodin
Auguste Rodin (1840-1917), quant à lui, artiste inclassable, marquera la fin du XIXe siècle par sa puissance créatrice, l’expressivité et la diversité de son oeuvre.
Pour lui, “il est parfaitement inutile de faire intervenir des lois, des règles, des principes qui n’ont germé que dans les cerveaux de commentateurs disséquant une série d’œuvres vingt siècles après et auxquelles jamais artiste n’a songé une minute. Il est tout aussi inutile d’employer un vocabulaire hérissé de bizarres mots forgés après coup et incompris de presque tout le monde : en art, les choses les plus difficiles s’expliquent avec des mots de concierge. […] Il n’y a ni lois ni mots farouches : il y a un homme qui fait une statue, un point c’est tout.” (Auguste Rodin, Eclairs de pensée, Ecrits et entretien sur l’art)


L’invention de la photographie

La photographie date des années 1820. Le premier, Nicéphore Niepce (1765-1833) parvint à capturer l’image mais il a du mal à la fixer et les temps de pose sont de plusieurs jours. En 1827, il rencontre Louis Daguerre (1787-1851) et les deux hommes s’associent. À la mort de Niepce, Daguerre continue ses recherches et invente le daguerréotype, procédé photographique beaucoup plus simple à réaliser.

D’abord, en 1835, il découvre que la vapeur de mercure peut être utilisée comme révélateur de l’image, ce qui permet de raccourcir le temps de pose (de plusieurs heures à quelques dizaines de minutes seulement). En 1837, il réussit à fixer les images avec de l’eau chaude saturée de sel marin : le daguerréotype était né. Daguerre présente son invention à l’Académie française des sciences le 9 janvier 1839 et le brevet est acquis par le gouvernement français le 19 août 1839.

Le daguerréotype est un procédé photographique qui permet d’obtenir une image sans négatif, en l’exposant directement sur une surface en argent dépoli. Il ne permet aucune reproduction de l’image.

L’invention de Louis Daguerre n’est pas le premier procédé photographique. Cependant, il est l’un des premiers procédés à afficher une image de façon permanente (avec les procédés antérieurs, les images disparaissaient rapidement quand elles étaient exposées à la lumière). Ce procédé photographique fut donc le premier à être utilisé commercialement.

La daguerréotypie utilise une plaque de cuivre recouverte d’une couche d’argent et sensibilisée à la lumière par des vapeurs d’iode. Le temps d’exposition à la lumière est d’environ vingt à trente minutes pour que la plaque enregistre une image latente. Le développement de l’image est ensuite effectué grâce à de la vapeur de mercure, en plaçant la plaque au-dessus d’un récipient de mercure légèrement chauffé (75 °C). Enfin, il faut fixer l’image, c’est-à-dire la rendre permanente, en plongeant la plaque dans une solution d’hyposulfite de soude.

Le procédé inventé par Daguerre suscita un engouement immédiat et se répandit en Europe, aux États-Unis et dans le monde entier dès les années 1840. Cependant, son immense succès ne dura qu’une dizaine d’années face à la concurrence d’autres procédés moins complexes : l’ambrotype (1854) offrant une image positive sur verre avec un fond noir, le ferrotype, une image sur étain, ou encore la photographie à l’albumine.

À la différence des photographies sur film et sur papier, un daguerréotype peut durer pour toujours s’il est bien protégé.


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  • Ajoutée le 21 févr. 2015
    Le 15 novembre 2014, l’émission “Une vie une oeuvre” dirigée par Martin Quenehen et diffusée sur les ondes de France Culture, était consacrée à la figure et l’oeuvre du sculpteur français, Auguste Rodin. Par Françoise Estèbe. Réalisation : Lionel Quantin. Prise de son : Pierre Quintard. Attachée d’émission : Claire Poinsignon. Archives INA : Sandra Escamez. Avec la collaboration d’Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. En partenariat avec le Musée Rodin, qui, à partir du 13 novembre (jusqu’au 27 septembre 2015), présente une nouvelle exposition : “Rodin, le laboratoire de la création.”
     
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  • Ajoutée le 6 août 2014
     
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